Les Giants perdent toujours et ne rassurent plus

Après une entame honnête face à des bons Jaguars, j’ai été assez rassuré par les matchs de dimanche. Avec une défaite des Eagles et des Redskins et la démonstration de Jacksonville contre les Patriots qui a confirmé qu’on avait perdu contre une des meilleurs équipes de la NFL, l’optimisme était au plus haut avant ce SNF. Et puis, plus rien. Sans vraiment se battre, Big Blue a été dominé par des Cowboys loin d’être impressionnant. Très rapidement derrière, New York a été dominé tout le match et ne doit le score serré que grâce à une bonne remontée dans le garbage time. C’est trop insignifiant pour inquiéter les Cowboys et nous faire oublier la triste prestation des G-men. Il va falloir se rattraper très rapidement car la suite du programme est loin d’être évidente pour Big Blue et le spectre d’un 0-7 est loin d’être inenvisageable pour une équipe qui voulait oublier le traumatisme de 2017.

Analyses individuelles :

Le bon :

  • RB Saquon Barkley : En dehors des stats très faibles, Barkley aura une nouvelle fois montrer l’étendue de son talent. Pour faire simple, je n’ai presque pas le souvenir d’un premier défenseur réussissant son placage sur le numéro 2 de la draft 2018. Si la physionomie du match l’a empêcher de multiplier les courses, on peut au moins être rassuré en ce disant que le jour où il arrivera sur la ligne de scrimage sans avoir cassé 2 placages, il devrait faire très mal.
  • WR Odell Beckham Jr. : Certes, statistiquement, c’est moins bon que contre les Jaguars mais Odell n’a pas vraiment grand chose à se reprocher tant il aura attrapé tout ce qu’Eli lui aura bien lancé. Il aurait même du faire mieux, s’il avait vu le ballon lorsqu’il réussissait à être ouvert sur le terrain, ce qui est arrivé plus souvent que ce que les stats peuvent laisser penser. A noter son utilisation sur un retour de punt, où il aura pu montrer une de ses principales qualités : la réception. En effet, il n’utilise absolument jamais son corps pour attraper les balles, la qualité de ses mains suffit.
  • K Aldrick Rosas : lui au moins aura fait son match. En réussissant tous ses coups de pied, y compris un onside kick, on n’a rien à lui reprocher.

Le moyen : 

  • CB Janoris Jenkins : J’aurai pu mettre beaucoup de monde là dedans mais je voulais souligner le paradoxe Jenkins. Cela fait maintenant 2 fois cette saison que le numéro 20 de Big Blue commence mal ses matchs puis reviens au niveau qu’on lui connait. Le problème, c’est que du coup, New York fait souvent la course en seconde position et notre équipe n’est souvent pas suffisamment talentueuse pour revenir.

Le négatif :

  • La ligne offensive : Le débat qui oppose actuellement l’OL à Eli ressemble à celui de l’œuf ou de la poule. Quoiqu’il en soit, il est absolument impossible de trouver un élément positif à cette ligne. Eli s’est fait laminé, a été constamment sous pression, et Barkley n’avait pas un mètre de libre dès qu’il touchait la balle. On s’est souvent focalisé (à raison), sur Ereck Flowers mais n’oublions pas son comparse de droite, Patrick Omameh qui a été absolument nul sur ces deux matchs. Le débat sur Eli peut avoir lieu mais je pense réellement qu’aucun quarterback de pourrait être bon derrière cette ligne. Ceux qui pensent que tout est de la faute d’Eli doive alors m’expliquer pourquoi Barkley n’a pas de champ libre et termine ses matchs avec des stats moyennes ? La seule explication serait que Barkley est aussi nul qu’Eli mais c’est bien là que le raisonnement s’effrite, personne n’a à redire sur les performances de notre coureur, qui se débrouille déjà bien avec ce qu’il a. Ajouter à cette nullité ambiante la blessure de notre centre titulaire et il n’y a plus vraiment de raison d’être positif.
  • QB Eli Manning : Oui, la ligne est affreuse et on ne le soulignera jamais vraiment assez, mais Eli est loin d’être exempt de tout reproche. Si sa prestation contre les Jags m’avait plutôt plu, ça a en revanche été très compliqué contre Dallas. Lorsqu’il a eu plus de 2 secondes pour faire quelque chose, Eli  a manqué de précision, voire, plus inquiétant encore de bonnes lectures, ratant des receveurs (comme OBJ) ouvert pour un check-down sur ce pauvre Barkley qui n’avait pas trop de place pour faire un jeu positif.
  • HC Pat Shurmur : Pourquoi ? Alors que le playcalling contre les Jags avait été intéressant, varié et prometteur, nous nous sommes retrouvés dimanche avec une bouillie qui semblait toute droite sortie de l’esprit de Ben McAdoo. Aussi, cette sous-utilisation à la course de Barkley m’a énervé, j’ai l’impression qu’on essaie parfois d’en faire un Reggie Bush, ce qui est assez terrible.
  • La défense contre la course : si la défense en général à été insipide, la défense contre la course a semblé à la peine, surtout lorsque le coureur était Dak Prescott. Cela fait 2 fois en 2 semaines que Big Blue n’arrive pas à défendre les QB coureurs et Deshaun Watson se profile à l’horizon.

Les Giants perdent toujours mais progressent

Verre à moitié vide ou verre à moitié plein ? Pour ce premier match de la saison, les Giants nous ont offert un match qui, à défaut d’être flamboyant ou victorieux, aura été correct. Au terme d’une rencontre très accrochée, où Big Blue aura en permanence fait la course en seconde position, les New York Giants sont défaits 20 à 15.

Tout n’a pas été parfait, loin de là, la ligne offensive aura souffert face au monstrueux front seven des Jaguars, la défense bleue a accordé trop de yards en première mi-temps et la flopée d’erreurs individuelles aura certainement couté la victoire à nos New-Yorkais, mais en souvenir du désastre de l’an passée, c’était bien mieux. New York aura été pas loin de battre le finaliste AFC 2017, une équipe qui sera très certainement en playoffs cette année. Pour Big Blue, il est néanmoins essentiel de l’emporter dès la semaine prochain contre des Cowboys, qui ne sont pas non plus flamboyants contre les Panthers.

Prestations individuelles : 

Le bon : 

  • WR Odell Beckham Jr. : Quel joueur mes amis ! Enfin libéré des questions contractuelles, physiquement au top et entouré d’autres armes dans cette attaque new-yorkaise, OBJ semble prêt à prouver qu’il est le meilleur receveur de la ligue (je vous accorde top 2 avec Antonio Brown mais c’est tout). Opposé à Ramsey, pas le pire des CB, Odell finit la soirée avec 11 catchs pour 111 yards et de multiples flags pour pass interference obtenus. Sans action d’éclat, Odell a été omniprésent, dans le slot, en extérieur,  voire à la course. Toujours intelligent, il n’a pas hésité à sortir ou se coucher lorsqu’il ne pouvait pas obtenir plus de yards, sans provocation inutile. Une année qui démarre sur les chapeaux de roues !
  • La défense : De manière générale, j’ai plutôt apprécié la performance de notre défense. Si elle accordait trop de yards en première mi-temps, elle aura resserré les boulons lors du second acte offrant à l’attaque de multiples occasions de revenir dans le match. Bien que facilité par la perte de RB Fournette et la présence de QB Bortles qui ne possèdent pas de grands receveurs, la prestation des défenseurs a été satisfaisante. La défense contre la course n’a pas accordé grand chose et la défense contre la passe n’a pas laissé 200 yards à Bortles. Je soulignerais particulièrement les prestations de Damon Harrison et de Janoris Jenkins. On a vu des bonnes choses d’un peu tout le monde et je trouve qu’il n’y a pas grand chose à reprocher à cette défense.
  • CB Eli Apple : Au rayon des bonnes satisfactions, je voulais souligner celle d’Eli Apple. Mauvais en 2017 et pris en grippe par le public de la Grosse Pomme, l’avenir du cornerback semblait quelque peu compromis à Big Blue. Sur ce premier match, il n’aura, de mémoire, rien accordé, déviant même deux passes. En espérant que ce bon match soit annonciateur d’une maturité tardive mais enfin présente pour le joueur, contraire à son prédécesseur au premier tour de la draft de Big Blue (on va y revenir).
  • QB Eli Manning : J’ai lu des avis assez mitigé sur Manning mais personnellement, je l’ai trouvé bon. Pas bluffant mais bon. Il termine avec une fiche de 23/37, 224 yards et une interception. Mais surtout, il aura du jouer avec une menace permanente pour sa vie derrière une telle ligne offensive (on va y revenir je vous dis). Ajoutez à ça des drops de la part de ses receveurs et le fait qu’il affrontait une top défense, le bilan est globalement bon pour notre quarterback. Après, tout n’est pas rose pour Eli qui semble quand même vieillir, notamment lorsque l’on voit la puissance de son bras, incomparable avec celle d’il y a dix ans. Néanmoins, j’ai trouvé qu’il a joué plutôt juste et face à une défense plus normale (comme celle de la semaine prochaine), on devrait vite savoir si Eli en a effectivement toujours dans le réservoir.
  • HC Pat Shurmur : Là encore, cela peut mériter une explication. Je n’ai pas été fan du playcalling, il y a eu quelques appels bizarres mais l’esprit général qui anime cette attaque m’a plu. Je n’en pouvais plus de l’esprit petits bras de McAdoo et revoir un peu de verticalité dans notre jeu de passe m’a plu. La façon dont Odell Beckham a été utilisé m’a plu. De façon générale, j’ai trouvé notre jeu moins stéréotypé et j’ai envie d’en voir plus.

Le moyen : 

  • RB Saquon Barkley : 18 courses, 108 yards et un touchdown, plus 22 yards en 2 réceptions, les stats du numéro 2 de la dernière draft sont flatteuses pour le rookie. Néanmoins, si on enlève son magnifique touchdown qui prouve tout l’étendu de son talent, on tombe à 17 cours pour 40 yards et c’est tout de suite moins glorieux. Encore une fois, il faut tenir compte de l’affreuse ligne offensive qui était chargée de lui ouvrir des brèches (promis, ça arrive), ainsi que du fait qu’il affrontait un fantastique front seven qui est composé de nombreux grands joueurs tels que Calais Cambell sur le premier rideau et Myles Jack sur le second. Néanmoins, j’ai trouvé qu’il avait parfois tendance a trop chercher le big play, évitant trop le contact. Néanmoins, c’est sur ce genre d’action qu’il inscrit le TD qui aurait du relancer le match mais j’aimerai à l’avenir qu’il reconnaisse plus aisément lorsqu’une course de 4-5 yards est la meilleure issue possible. De plus, j’ai l’impression qu’il peut être plus impliqué dans le jeu de passe mais cela est plus à mettre à la charge du playcalling et de la prise de décision d’Eli que de lui.

Le mauvais : 

  • La ligne offensive : Bon sang que ce fut laborieux. Si le fait de jouer contre une telle ligne défensive pour le premier match n’est clairement pas un cadeau, la ligne offensive aura souffert ce dimanche. Et il n’y a pas lieu de faire une exception ici (enfin presque) puisque tout le monde aura eu une rencontre compliquée. Snaps pas assurés, mauvaise lecture du jeu, mauvaise technique, il n’y a pas grand chose à sauver de cette première pour notre OL. De Nate Solder à Patrick Omameh, ce fut mauvais. On peut néanmoins espérer mieux pour la semaine prochaine avec le front seven des Cowboys.
  • RT Erek Flowers : Match catastrophique pour Flowers qui ne semble pas meilleur à droite qu’à gauche. Après deux pénalités lors des 3 premiers snaps, les Giants ont essayé de lui apporter de l’aide en utilisant souvent Chad Wheeler. Quelque soit sa position, Flowers ne semble juste pas pouvoir être un joueur NFL et le fait de ne pas avoir pu lui trouver de concurrent pendant l’intersaison risque de couter cher à cette équipe.
  • PR Kaelin Clay : On n’est pas là pour tirer sur l’ambulance mais il est certain que le fumble de Clay a couté cher à Big Blue et qu’il risque de perdre sa place dans l’effectif. En dehors de sa faute à lui, pourquoi ne pas envoyer un meilleur catcheur pour retourner les punts, quitte à ne pas tenter de retour. Odell Beckham Jr., Saquon Barkley, Sterling Shepard voire Cody Latimer en était capable.

Big Blue est de retour, et nous avec !

Enfin ! 10 mois après la fin de la saison dernière, et près d’un an depuis le dernier match important de Big Blue, nos Giants sont de retour ! Et, même pour un match de présaison en bois, même avec énormément d’erreurs, cela fait du bien !

Je n’ai pu assister qu’à la première mi-temps, le temps d’être, déjà, émerveillé par Saquon Barkley et sa merveilleuse première course, d’être inquiet en voyant notre couverture de la passe, rassuré par notre défense contre la course et plutôt intéressé par notre nouvelle attaque.

Je voulais également vous parler de la vie de ce blog. Vous avez surement remarqué que ce dernier tourne au ralenti depuis un moment. Cela est tout simplement du au fait que je n’ai pas eu de temps pour m’en occuper et que ça risque d’être comme ça pour quelques semaines encore. Cela devrait normalement aller mieux à partir de la mi ou fin septembre. Néanmoins, je posterai des articles, plus ou moins détaillés, pour chaque match pour vous permettre de participer. J’ai d’ailleurs vu que certains ne m’avaient pas attendus pour continuer à débattre de notre équipe préférée et je les en remercie. Quoiqu’il en soit, soyez sur que Big Blue Blog ne s’arrêtera pas tout de suite. Je vais repasser l’annonce mais si certains veulent écrire des articles pour BBB, selon leurs disponibilités et envies, qu’ils n’hésitent pas à me faire signe dans les commentaires, cela permettrait de redonner plus de vie à notre blog.

Je vous remercie pour votre fidélité, et, plus que jamais : GO BIG BLUE !

PS : Davis Webb est nul, c’est terrible

Draft 2018 : Saquon Barkley est un Giant !

Ils n’auront pas bougé ! Finalement, c’est bien de leur seconde place générale que les Giants ont drafté un joueur chargé de nous remettre à notre place, dans la lumière. Et quoi de mieux pour la lumière que de drafter le meilleur joueur de cette cuvée de draft ? En draftant Barkley, les Giants ont drafté le prospect, de l’avis de tous, le plus prometteur depuis Adrian Peterson.

Si le choix de prendre un running back avec le second choix général peut se discuter, il n’y a pas douter que Big Blue a choisi un prospect quasi parfait, sur et hors du terrain. Barkley sera bien évidemment titulaire dès le premier jour, favori pour le titre de rookie offensif de l’année et qui formera, en compagnie d’Odell Beckham, d’Evan Engram et de Sterling Shepard un quatuor effrayant. L’autre grand enseignement est que le front office continue toujours de croire en Eli Manning. Avec une protection renforcée par l’arrivée d’un vrai bon left Tackle, et des armes absolument partout autour de lui, Eli est assurée d’une fin de carrière sans excuses. S’il parvient à retrouver de sa superbe dans l’attaque de Shurmur, alors attention, car les Giants pourraient finir haut.

[Je tenais à présenter des excuses pour le peu d’activité du blog cette année, je rentre lundi en France après la fin de mon année universitaire et je pourrais alors, dans la semaine, analyser dignement la draft de Big Blue (et découvrir les prospects, chose que je n’ai pas pu faire cette année) ici. Je remercie les personnes qui ont continué les discussions dans les commentaires, je vous suivais de loin 😉 ]

Faut il échanger Beckham?

Bien qu’à la « retraite », cette intersaison haute en couleurs m’a donné envie de ressortir ma plume (ou plutôt mon clavier) et notre ami Rookie, maître de céan, m’a très sympathiquement laissé l’opportunité de poster mon billet ici.

Alors faut-il échanger OBJ? Ou plutôt, est ce qu’on aurait dû saisir l’opportunité quand certaines équipes étaient intéressées?

La réponse est non.

On aurait peut être pu se contenter d’un tweet pour ça, mais je voulais expliquer ce qui s’est passé (au cas où vous vivez dans une grotte ou en Roumanie) et pourquoi je ne pense pas qu’OBJ doit être tradé.

« No one is untradeable »

Pour faire un rapide résumé de la situation, lors de la rencontre annuelle des propriétaires (où la NFL discute notamment des changements de règles), des journalistes ont interrogé John Mara, propriétaire et président des Giants, sur la dernière vidéo montrant Odell Beckham Jr. en train de fumer ce qui ressemblerait à un joint à côté d’une jeune fille en train de jouer avec un petit tas de poudre blanche (du sucre, de la farine ou de la coke… personne ne le sait).

Après avoir exprimé sa déception et surtout son exaspération de devoir encore répondre à des questions sur le comportement de son receveur star, John Mara a déclaré que quand on sort d’une saison à 3-13, aucun joueur n’est intouchable. Quand on lit entre les lignes, on comprend bien entendu le message de John Mara: même Odell Beckham Jr. peut être échangé.

Cette déclaration a suscité une réaction immédiate du camp du joueur qui a laissé entendre à des journalistes qu’il ne jouerait pas tant qu’il n’aura pas signé un nouveau contrat, que ce soit avec les Giants ou une autre équipe.

John Mara, ainsi que GM Dave Gettleman et HC Pat Shurmur, ont ensuite affirmé à plusieurs reprises que l’équipe ne cherchait pas à échanger Odell Beckham Jr., mais que si une équipe leur faisait une offre suffisamment intéressante, ils devaient au moins y réfléchir.

« You don’t quit on talent »

Odell Beckham Jr. est sans conteste l’un des meilleurs WR de la Ligue, si ce n’est le meilleur (ça c’est mon côté chauvin). Il sera probablement un 1st ballot Hall of Famer s’il continue à ce rythme là.

La liste des records NFL qu’il a accumulé en à peine plus de 47 matchs (sur 4 saisons) est absolument impressionnante:

  • Fastest to reach 250 career receptions (38 games)
  • Fastest to reach 200 career receptions (30 games)
  • Fastest to reach 150 career receptions (21 games)
  • Fastest to reach 100 career receptions (14 games)
  • Fastest to reach 4,000 career receiving yards (42 games, tied with Lance Alworth)
  • Fastest to reach 3,500 career receiving yards (35 games)
  • Fastest to reach 3,000 career receiving yards (30 games)
  • Most games with 125+ receiving yards in first three seasons (13)
  • Most receiving yards in first two NFL seasons: 2,744
  • Most receptions in first 15 games of career: 110
  • Most consecutive games with 130+ receiving yards, 1+ touchdown: 4 (tied with Patrick Jeffers and Calvin Johnson)
  • Most games with 10+ receptions, rookie, season: 4
  • Most games with 10+ receptions, 100+ receiving yards, rookie, season: 4
  • Most games with 10+ receptions, 100+ receiving yards, 1+ touchdown reception, season: 4 (tied with Torry Holt)
  • Most games with 125+ receiving yards, rookie, season: 6
  • Most receptions at home, rookie, season: 52
  • Most receiving yards in any calendar month, rookie: 606 yards (December 2014)
  • Highest average receiving yards per game, rookie, season: 108.8 [130]
  • Only player in NFL history to have 1,300+ receiving yards while playing in 12 or fewer games in season
  • Only rookie in NFL history to have 10+ receptions in consecutive games 

Et il ne faut pas oublier les records de franchise et les nombreuses distinctions qu’il a à son actif depuis son arrivée dans la Ligue en 2014.

Il n’y a aucun doute sur le fait qu’Odell est le meilleur joueur des Giants et aucun doute sur le fait qu’il mérite un énorme contrat.

Il sera certainement pas le joueur le mieux payé de la NFL et ne gagnera probablement pas 20 millions $ par an non plus (quoique personnellement je ne serais pas contre lui donner autant, sous réserve que le contrat soit d’au moins 5 ans et moins de 25% garanti). Mais il mérite d’être le WR le mieux payé de la Ligue.

En tout cas, Odell Beckham est aujourd’hui sous payé (8,459M$) quand on sait que des gars comme Sammy Watkins, Mike Evans, Jarvis Landry et TY Hilton sont payés plus.

Quand les journalistes ont interrogé GM Dave Gettleman sur la possibilité d’un trade d’OBJ, celui-ci a répondu « You don’t quit on talent ». Et il a complètement raison.

Mais pourquoi est-ce que les Giants n’ont pas déjà fait signer une extension à Odell?

En effet, pourquoi laisser Odell entrer dans sa dernière année de contrat au lieu de lui faire signer une extension aujourd’hui qui non seulement lui permettrait d’avoir l’extension qu’il mérite mais en plus d’avoir une certaine tranquillité d’esprit concernant son futur.

La blessure de 2017 a certainement compliqué les choses pour Odell qui aurait certainement déjà signé un très gros contrat. On se rappelle des cas de Steve Smith et Victor Cruz, 2 receveurs stars, qui ne se sont jamais vraiment remis de leur blessure.

Bien que Beckham semble avoir bien récupéré de sa blessure à la cheville, on peut comprendre que les Giants ne soient pas particulièrement pressés de vouloir lui faire signer une extension. Surtout quand on sait que Beckham aspire à avoir un salaire annuel de 20M$ par an (le WR le mieux payé touche aujourd’hui 17M$/an).

Mais l’état de santé de Beckham n’est pas forcément un point très bloquant. En effet, l’équipe pourrait trouver des solutions pour le prolonger tout en se protégeant en cas de nouvelle blessure.

Cependant, il faut aussi tenir compte du comportement de Beckham.

Odell n’est certainement pas à mettre dans la même catégorie qu’un Ben Roethlisberg (accusé 2 fois d’agression sexuelle), Ezekiel Elliott (qui aime bien soulevé les tshirts des filles) ou encore Josh Brown (violences conjugales). Mais il a tout de même un comportement assez proche d’un certain Johnny Manziel.

Vous vous rappelez de lui? Ce QB des Browns, ex-star texane au niveau universitaire, qui passait beaucoup de temps à faire le mariole sur le terrain et la fête avec des stars.

Certes Beckham ne s’est jamais fait chopper pour conduite en état d’ivresse ou sous influence de drogue mais on sait que la NFL n’aime pas trop voir des joueurs s’exposer en train de fumer des joints. C’est mauvais pour l’image de marque.

Alors certes, Johnny Manziel et Odell Beckham n’ont rien à voir niveau talent. C’est pour cette raison qu’on pardonne plus facilement à Beckham de faire la fête. Il s’amuse, mais cela n’affecte nullement ses performances sur le terrain.

Cependant on connaît la tendance de la NFL à suspendre un joueur sur la base de simples suspicions. La Ligue a déjà Odell dans le collimateur après sa dispute avec Josh Norman. Les crises sur le côté du terrain, bien que non répréhensibles et surtout ridicules, n’ont pas permis de se dire qu’Odell avait réellement mûri et ne pèterait plus un câble, comme il l’a fait contre Josh Norman.

Du coup, on comprend un peu mieux que l’équipe hésite à donner à Odell l’extension qu’il demande.

Il faut aussi considérer que les Giants utilisent certainement cette vidéo comme arme de négociation. En laissant les médias présenter Odell comme un joueur certes talentueux mais immature, l’équipe peut dire à son receveur que ceci l’empêche de lui offrir le contrat qu’il demande.

Herschel Walker

Si aujourd’hui on peut penser qu’il n’y aura pas de trade, on sait très bien que le sujet n’est pas complètement exclu pour autant. On n’est pas à l’abri d’un échange annoncé lors de la draft.

L’équipe a bien entendu répété à plusieurs reprises qu’elle ne cherchait pas activement à échanger Odell. Mais les Giants ont également affirmé que si une autre équipe faisait une offre intéressant, ils se devaient d’y réfléchir.

Voilà pourquoi je fais référence à Herschel Walker, ancien running back qui était au coeur d’un trade historique entre les Cowboys d’une part, et les Vikings d’autre part.

Walker avait joué quelques années en USFL avant d’être sélectionné par les Cowboys en 1985 (il n’a cependant signé qu’en 1986 avec Dallas).

En 1989, Jimmy Johnson, HC des Cowboys, décida que le seul moyen de relancer son équipe était de se séparer d’un de ses meilleurs joueurs. Plusieurs équipes, dont les Giants, ont tenté de récupérer Walker mais au final les Cowboys ont trouvé un accord avec les Vikings. Cet échange impliquait:

  • Côté Cowboys: Herschel Walker + 2 choix de troisième tour + 1 choix de 5e tour + 1 choix de 10e tour
  • Côté Vikings: 5 joueurs + 3 choix de premier tour + 3 choix de second tour + 1 choix de 3e tour + 1 choix de 6e tour

Au départ les Vikings pensaient avoir fait une belle affaire, mais en se séparant de Walker, les Cowboys ont récupéré suffisamment de picks pour sélectionner de nombreux joueurs (dont un certain Emmitt Smith) et remporter 3 Super Bowls pendant les années 90.

La leçon à tirer de cet exemple historique est que si une équipe est prête à hypothéquer son avenir pour obtenir Odell Beckham, les Giants seraient idiots de refuser un tel trade.

Obtenir une floppée de high draft picks pourrait réellement relancer la franchise si ces choix sont utilisés intelligemment.

Je ne sais pas vraiment quel serait le meilleur pour les Giants mais supposons que les Browns soient prêts à offrir ses 2 choix de premier tour pour Odell, ce serait pour moi un bon prix pour lâcher notre meilleur receveur.

Très sincèrement je doute qu’un tel scénario soit possible mais l’idée d’avoir 3 choix dans le top 5 me fait bien rêver. Les Giants pourraient drafter un QB, Saquon Barkley et Quenton Nelson (ou Bradley Chubb).

Court terme vs long terme

In fine, tout dépend de comment Gettleman envisage l’avenir des Giants. S’il veut gagner dans les 3 prochaines années, alors il faut garder Odell Beckham et drafter un joueur qui puisse aider l’équipe tout de suite (Barkley ou Nelson à mon avis).

Si par contre Gettleman a l’intention de faire un travail de fond pour reconstruire l’effectif des Giants, dans ce cas il faut échanger OBJ contre un max de picks et pourquoi pas Eli aussi. Quitte à se mettre en mode reconstruction, autant y aller à fond.

Mais je pense pas que les Giants opteront pour cette 2nde option. Si c’était le cas, ils se seraient déjà séparés d’Eli Manning et ils n’auraient pas fait un échange pour récupérer Alec Ogletree.

Affaire à suivre…

LB Alec Ogletree arrive dans un échange

Les Giants ont bel et bien changé ! C’est l’enseignement principal que j’ai retourné de ce trade survenu mercredi soir. Alors que Jerry Reese a toujours été proche des ses choix de draft et qu’il a toujours négligé le poste de linebacker, Gettleman vient de démontrer qu’il n’était pas un clone de son prédécesseur. Ainsi, les Giants ont conclu un échange avec les Rams pour récupérer le LB Alec Ogletree, 26 ans contre notre moins bon 4e tour de draft et un 6e tour de draft (L.A. nous donne également un 7e tour en 2019 mais c’est plutôt anecdotique).

Il y a deux choses très intéressantes sur ce trade. La première, c’est que Big Blue récupère enfin un linebacker titulaire et ça faisait un moment. Même si Ogletree ne plait pas à tout le monde, et que j’en attendais plus au moment de sa draft, il reste un linebacker très solide, et un leader dans le vestiaire. Il n’a pas de problème de blessure, n’est pas spécialement un cas social, bref, il y a assez peu de risques. Son gros contrat signé cet été permet de s’en séparer sans trop de frais l’an prochain si jamais la greffe ne prend pas. Cependant, si le risque est faible, le potentiel n’est pas incroyable. Ce n’est pas à son âge qu’il va se révéler être un nouveau Patrick Willis ou Ray Lewis. C’est un joueur moyen plus, qui, derrière une bonne DL et entouré d’un backfield de bonne facture, peut rendre de bons services. La contrepartie n’est pas très importante vu qu’il s’agit de notre choix de draft compensatoire, qui était en fin de 4e tour et qu’on récupère un 7e tour l’an prochain.

Surtout, la deuxième chose très intéressante concerne Eli Manning (car tout ou presque en cette intersaison va concerner Eli Manning). Personnellement, je pense que ce move va dans le sens d’un petit All-In sur cette saison. Je ne pense plus que les Giants vont prendre un QB avec leur second choix de la draft. Pourquoi ? Car prendre un quarterback, se serait reconstruire. Mais si on reconstruit, pourquoi bazarder des choix de drafts ? Je pense que Ogletree est un LB correct, capable de rendre service et certainement meilleur (surtout à court terme) qu’un 4e tour de draft et qu’un 6e. Des joueurs draftés à ces tours apportent, au mieux, au bout de 3 ans. Sauf qu’il parait improbable de croire qu’il reste 3 ans à Eli Manning. Je suis désormais persuadé qu’avec ce move, le premier tour des Giants s’est simplifié :

  • Soit on garde notre second choix et on drafte RB Shaquon Barkley
  • Soit ce dernier est pris par les Browns en #1 et on essaie de monter un trade down avec les Browns en 4 et on drafte OG Quentin Nelson (même si je ne serai pas surpris qu’on le prenne en 2 si jamais le trade ne peut pas se faire).

Ce trade surprenant est donc assez significatif sur le changement opéré à la tête des Giants et sur la volonté commune de Shurmur et de Gettleman : Les Giants doivent être une équipe qui gagne, à court terme.

Nouvel Head Coach : On attend Patrick (Shurmur)!

 

Ca semble fait. Si rien ne peut être annoncé pour l’instant, Big Blue aurait trouvé son nouvel head coach en la personne de Pat Shurmur, l’actuel OC des Vikings qui joueront la finale de la conférence NFC ce dimanche. Dès que l’équipe du Minnesota en aura fini avec les playoffs, ce choix devrait être officialisé.

C’est donc vers l’attaque qu’ont décidé de se tourner Mara, Tish et Gettleman, et plus précisément vers un spécialiste des quarterbacks; vers un homme capable de faire briller Case Keenum, Sam Bradford ou Nick Foles.

Ce sera sa deuxième expérience en tant que head coach après avoir obtenu 9 victoires en 2 ans aux Browns (à vous de déterminer si c’est un bon résultat ou non). Il aura également été longtemps le coordinateur offensif des Eagles (sous Reid et sous Kelly).

Prendre un guru quarterback en tant que Head Coach relance forcément les questions pour l’an prochain. Si pour certains, cela signifie qu’il va vouloir, avec le 2e choix de la draft, choisir son quarterback pour baser son équipe, pour d’autres, cela signifie qu’il est capable de faire briller n’importe quel QB et qu’il pourrait se satisfaire d’un duo Eli/Webb et plutôt drafter Barkley avec notre premier tour.

Le plus intéressant à suivre va être la composition de son staff. De ce point de vue là, je suis assez clair, j’espère qu’aucun membre du staff de l’an passé ne sera de retour l’an prochain, à commencer par Steve Spagnuolo. Cette équipe a besoin de sang neuf.

Début d’une nouvelle ère : Dave Gettleman est le nouveau GM de Big Blue

 

Au cours de la pire saison de son histoire, Big Blue a, pour la première fois viré un GM en cours de saison. Ce move, inimaginable en début de saison, vient sanctionner des drafts pas toujours extraordinaire et surtout, un choix raté de head coach il y a deux saisons. Alors que tout le monde espérait qu’on allait repartir pour un nouveau cycle, le trio Mara-Tisch-Accorsi a finalement décidé de signer très rapidement Dave Gettleman, GM des Panthers entre 2013 et 2017, mais surtout « pro personnel director » aux Giants entre 1999 et une fausse retraite en 2011. Celui qui s’était vu préférer Jerry Reese en 2007 pour succéder à Accorsi revient donc par la grande porte à New York.

Comme beaucoup, même s’il est compliqué d’avoir un avis sur les GM car on n’assiste pas aux entretiens, j’ai été déçu de cette nomination. Contrairement à ce qu’avait annoncé Mara après le limogeage de Reese, ce choix de Gettleman n’est pas annonciateur d’un grand changement pour Big Blue. Il représente cette forme de « consanguinité » forte aux Giants qui préfèreront quasiment toujours un choix interne lorsqu’il s’agit de changer quelque chose. Si cette stratégie aide à créer une identité, une étiquette « Big Blue », elle peut aussi nous faire passer à côté de belles nouveautés. J’avais été très critique à l’époque du choix de McAdoo lorsqu’il fallait remplacer Coughlin (que je souhaitais garder d’ailleurs). Si Coughlin devait partir, j’aurais préféré de plus grands changements. Mais non. Coughlin est parti, McAdoo récupère le statut de head coach en restant, dans les faits, le véritable coordinateur offensif et Steve Spagnuolo reste en place en défense. En gros, on a laissé partir Coughlin pour le remplacer par personne. Forcément, le résultat n’a pas été probant. J’avais donc peur que l’arrivée de Gettleman s’inscrive dans cette logique.

Certains avaient aussi peur du caractère de Gettleman, qui est un gars « à l’ancienne » et qui peut avoir du mal au niveau relationnel avec la jeune génération. Sa gestion du cas Josh Norman inquiète à l’idée de voir Odell Beckham Jr. arriver en fin de contrat rookie. De même, je ne trouve pas ses drafts très emballantes mais il fait reconnaître qu’elles étaient presque toutes solides. Un peu l’exacte opposé de Reese en fait. Il n’y a pas de Landon Collins ou d’OBJ dans ses drafts mais de très bons coups au troisième jour de la draft. Et Gettleman aime, et l’a redit en conférence de presse, les lignes. Pour lui, tout part de là. Si la ligne défensive semble assez solide à Big Blue, on a vu par le passé que ça ne l’avait pas empêché de drafter un nouveau DL dans une situation identique à Carolina. Enfin, il n’a jamais choisi d’Head Coach. On a vu pour Reese que cela pouvait tourner à la catastrophe.

Il avait pour lui d’avoir fait, quasiment tous les ans, de Carolina une équipe très solide. Sous sa direction, les Panthers ont vraiment passé un cap. Cam Newton est passé d’un gros potentiel inconstant à un MVP, l’exécrable ligne offensive est devenue bonne, Ron Rivera est passé d’un coach menacé à une désignation comme coach de l’année et aujourd’hui, après un exercice 2016 raté, Carolina est de retour en playoffs et semblent armés pour battre quelques équipes. Pour Odell, je me dis qu’il a réussi à gérer Cam Newton donc il arrive à faire avec de gros égos.

Cependant, cette première semaine passée à la tête des Giants a été assez rassurante. En dehors d’un victoire contre Washington, on retiendra surtout le licenciement de Marc Ross, réclamé par certains fans alors que ce dernier avait été auditionné pour le poste de GM. Responsable de la draft, le message envoyé par Dave Gettleman a été clair et double : les dernières drafts sont globalement des échecs et Reese n’en a pas été le dernier responsable et surtout, c’est lui qui gérera la draft. Le rôle de Kevin Abrams, également dans la course pour le poste de GM est lui étendu. Il était en charge du salary cap et des négociations de contrat. On voit donc que Gettleman se concentre sur la draft pour réparer les New York Giants. Et puis, il a commencé à se débarrasser des mauvais éléments. Bobby Hart a été viré très rapidement et Ereck Flowers mis sur le banc. On ne sait pas si ce dernier sera de retour l’an prochain ou si Gettleman essaie de lui envoyer un message, lui qui reste très jeune.

Malgré cette inquiétude au moment de nomination, les Giants ne sont pas retournés dans leur train train habituel et c’est assez agréable de voir que quelqu’un à conscience de la catastrophe qui vient d’arriver. Des choses sont toujours en train de bouger. Dave Gettleman se concentre maintenant sur la signature du futur head coach et la composition du staff, qui devrait voir une immense majorité de nouvelles têtes. Bref, les New York Giants semblent bien être rentrés dans une nouvelle ère.

Big Blue Blog vous souhaite une magnifique année 2018

 

Si 2017 a été éprouvant sur le plan footbalistique, Big Blue Blog espère que 2018 sera beaucoup plus doux avec nous, avec le début de cette nouvelle ère. En raison d’une vie personnelle très chargée, je n’ai pas pu être présent mais je vais maintenant pouvoir reprendre le rythme des publications pour suivre ensemble cette intersaison qui s’annonce assez passionnante. De Gettleman à futur nouveau head-coach en passant par notre futur choix numéro 2 à la draft, sans oublier le cas Eli Manning et les questions autour de prolongations de contrat, on ne devrait pas s’ennuyer cette année et on espère que tout cela aboutira vers un bilan plus équilibré.

2017 aura été compliqué à aimer, mais cette année pourrait permettre un vrai redémarrage de la franchise, chose qui n’a pas su être fait avec le départ de Tom Coughlin. Point de stabilité et de continuité, 2018 pourrait être l’année de la nouveauté. Et on espère, pour nos giants et pour vous, fidèles lecteurs, quelle sera belle.

Le jour où les Giants m’ont déçu

Depuis que je suis la NFL, j’ai toujours soutenu les New York Giants. Ce sont bien entendu avant tout les joueurs qui m’ont fait aimer ce sport et cette équipe (et si vous ne connaissez pas l’histoire de comment je suis devenu fan des Giants, la voici). Mais l’une des choses qui m’a fait rester un fan de cette franchise c’est parce que son management, en allant du head coach jusqu’au propriétaire en passant par le general manager, a toujours eu une politique que je trouvais rationnelle et qui tenait la route. Tout le contraire d’un cirque ambulant qui enchaîne catastrophe sur catastrophe, saison après saison.

Certes, je n’ai pas toujours été d’accord avec ce qui se passait chez Big Blue notamment quand Tom Coughlin a feint de ne jamais avoir instruit ses joueurs de simuler des blessures ou encore quand John Mara et Jerry Reese ont tenté de cacher que John Brown était un déséquilibré qui battait sa femme. Mais hormis quelques incidents de parcours qui nous rappellent que la perfection n’existe pas, j’ai toujours fait confiance à cette organisation car je tenais à lui accorder le bénéfice du doute.

La plupart du temps, cette confiance était récompensée. Mais cette semaine, elle a été brisée lorsque Ben McAdoo, à la demande de John Mara, a décidé de mettre Eli Manning, l’homme aux 210 titularisations consécutives (2e plus longue série derrière Brett Favre et devant Peyton Manning) depuis le 21 novembre 2004, double champion et 2 fois nommé Super Bowl MVP, ayant remporté 111 matchs sur 212 joués et qui a passé la barre des 50.000 passing yards cette saison (7e meilleur QB de l’histoire de la NFL en termes de passing yards sur une carrière).

Eli c’est aussi le joueur qui a tout donné à son équipe sans jamais rien demander de plus que le droit de jouer pour gagner, sans jamais baisser les bras même quand la rencontre était perdue, sans jamais critiquer un seul coéquipier, coach ou cadre de l’équipe alors que certains ne se gênaient pas pour se défouler sur lui (je pense notamment à Tiki Barber), sans jamais se faire remarquer pour des écarts en dehors du terrain, sans jamais louper un entraînement obligatoire pour des histoires d’argent (il en a même organisé volontairement pendant le lockout de 2011), mais surtout sans jamais faire quoique ce soit qui impacte de manière négative les New York Giants .

Eli Manning est l’exemple même du professionnel irréprochable. Personne ne dira jamais de lui qu’il était le meilleur joueur à son poste mais il n’est certainement pas le pire titulaire qu’on ait vu jouer en NFL ces dernières années. Bien au contraire, beaucoup de franchises rêveraient d’avoir un QB comme Eli dans leur équipe.

Eli n’est pas parfait et il a plus d’une fois frustré ses fans avec des décisions aussi douteuses qu’incompréhensibles. Mais il a surtout réalisé de nombreux exploits et notamment, en battant non pas une fois, mais deux fois Tom Brady et Bill Belichick qui sont considérés par beaucoup comme étant respectivement le meilleur QB et le meilleur coach de la NFL  (n’en déplaise à certains).

Mais pour moi Eli, c’est surtout le joueur qui a fait de moi un fan de la NFL.

En tout cas, ce qui est sûr c’est qu’Eli s’est toujours comporté de manière professionnelle et digne tant à l’égard de son équipe qu’à l’égard des médias, des fans et de ses adversaires (qui pourtant l’ont élu cette année « joueur le plus overrated de la NFL » – bande d’immondes crétins !).

Pourtant malgré tout ce qui précède (et encore j’ai fait court), les New York Football Giants, l’une des équipes historiques de la NFL qui depuis 1925 s’est bâtie une réputation de franchise classe et exemplaire avec un palmarès envié par beaucoup dans cette Ligue, a décidé de faire fi de tout cela en benchant le meilleur QB de leur histoire.

Au début je croyais comme Baptiste qu’il s’agissait d’une décision de Ben McAdoo et Jerry Reese. Je voyais là un duo pitoyable de condamnés à mort cherchant coûte que coûte à sauver leur peau quitte à jeter aux lions celui qui leur a permis de garder leur job jusqu’à présent.

Mais non, nous faisions fausse route car en réalité McAdoo et Reese ne sont pas que les bourreaux d’Eli Manning. Celui qui a prononcé la sentence n’est autre que sa sainteté John Mara, copropriétaire des Gmen et plus grand donneur de leçons de la NFL.

Et pour quelle raison? Même pas pour tenter de gagner quelques matchs histoire de minimiser le fiasco qu’est la saison 2017 (malgré ce que tente de nous faire croire McAdoo).  Il s’agit là d’évaluer les autres QB du roster pour préparer la saison 2018. Autrement dit, on a un propriétaire qui a officiellement enterré la saison 2017 alors qu’il reste 5 matchs à jouer. Même si personne ne se fait d’illusions sur les chances de succès des Giants cette saison (moi le premier), c’est la première fois que je vois un propriétaire prendre une telle décision sans aucune vergogne.

Encore une fois on voit le mec gentil se faire niquer. Parce qu’il y a pas d’autres termes. Tout le monde le sait et tout le monde s’en offusque. A part les Giants…

Et parlons de la manière employée par Big Blue: ils n’ont même pas été capables de bencher Eli eux même! En réalité, ils ont choisi bien plus vicieuse et lâche en faisant à Eli une proposition qu’ils savaient pertinemment inacceptable à ses yeux: ils lui ont proposé de continuer à être le titulaire sur la feuille de match mais sous condition de céder sa place à un moment pour laisser jouer Geno Smith et éventuellement le rookie Davis Webb, qui a été drafté cette année au 3e tour.

Les Giants savaient très bien qu’Eli n’accepterait pas. Et c’est ce qu’il a fait en leur disant qu’il préférait céder sa place complètement plutôt que de jouer la comédie histoire maintenir sa série de titularisations consécutives. Si certains comme Michael Strahan acceptent de décrocher un record sur un cadeau offert par un autre, Eli Manning sait très bien qu’au final cela n’a pas la même valeur. Autant couper court à sa série de titularisations consécutives plutôt que d’accepter un schéma foireux qui viendrait ternir la véritable valeur de son exploit.

210 titularisations consécutives au poste clé de ce sport ! On aurait presque envie d’y voire un symbole où le 2 représente le nombre de titres remportés par Eli pour sa franchise et 10 le numéro de son maillot. Bien entendu ce n’est qu’un pur hasard.

Mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi maintenant? Pourquoi pas l’avoir fait plutôt? Mais surtout pourquoi l’avoir fait tout court?

Eli Manning ne méritait pas ça.

Je suis généralement du genre à penser au collectif d’abord et à privilégier les visions à long terme plutôt qu’à court terme mais toute règle à son exception. Et en l’occurrence, il convient de laisser de côté les considérations collectives et long termiste quand on parle d’un joueur qui est une véritable légende pour son équipe.

Eli ne méritait pas ça. Et d’ailleurs maintenant, je me dis que Tom Coughlin ne méritait pas ça non plus.

Quand les Giants ont décidé de mettre un terme à l’ère Coughlin alors qu’ils venaient d’enchaîner 3 saisons mauvaises et 5 saisons sans playoffs, John Mara disait que l’équipe avait perdu en crédibilité et qu’il était temps que ça change.

J’étais en accord avec ce changement. Même si ça me peinait de voir Coughlin nous quitter, j’étais enthousiaste à l’idée de voir ce jeune coach offensif prendre les rênes de l’équipe pour nous ramener un 5e Trophée Lombardi comme il nous l’avait promis lors de sa première conférence de presse en tant qu’head coach.

Ben McAdoo incarnait le renouveau. C’était le coach qui allait permettre à Eli de terminer sa carrière avec un 3e titre de champion et relancer celle de Jerry Reese qui ne trouvait plus de solutions pour renforcer l’équipe que lui avait laissée Ernie Accorsi en 2006.

Au final, l’ère McAdoo se résume à 13 victoires pour 14 défaites, des joueurs qui se rebellent et le fiasco Manning. N’oublions pas son costume mal taillé, sa feuille de match de la taille d’un menu de restau, ses coupes de cheveux merdiques et son attitude pédante devant les médias alors qu’il n’a jamais rien gagné en tant qu’head coach.

Comme je regrette Tom Coughlin aujourd’hui. Je ne pense pas qu’on s’en serait forcément bien mieux sorti avec lui toujours à la tête de l’équipe car les problèmes des Giants vont au delà du coaching. Mais au moins avec Coughlin on aurait pas eu les problèmes de discipline qu’ont connu Big Blue ces 2 dernières années. Et surtout Tom Coughlin n’aurait jamais accepté de mettre Eli sur le banc. Je pense sincèrement qu’il aurait préféré se faire virer par John Mara plutôt que de planter un poignard dans le dos du QB qu’il a développé depuis 2004 et avec qui il a remporté 2 titres.

Sauf que Ben McAdoo n’a pas la même relation avec Eli Manning et on a d’ailleurs vu le coach critiquer à plusieurs reprises son QB.

Mais même comme ça, mettre sur le banc un joueur qui représente la franchise depuis 14 ans et est un futur Hall of Famer (on aura tout le temps d’en parler quand Eli sera à la retraite), n’est pas une décision facile. D’ailleurs je ne vois pas quel intérêt McAdoo a pu y trouver?

Pour sauver son job? Est ce qu’il espère sérieusement revenir en 2018 après cette saison catastrophique? Non, ce n’est pas sérieux. John Mara a d’ailleurs dit que rien ne garantissait que McAdoo garde son job jusqu’à la fin de la saison. C’était certainement pour qu’on arrête de dire qu’il privilégie McAdoo à Eli mais bon même comme ça, je n’arriverai pas à comprendre que Mara mette Eli sur la touche mais garde McAdoo en place la saison prochaine.

Est ce que Mara a forcé la main de son head coach en lui disant que s’il ne le faisait pas il se retrouverait immédiatement sans job? Est ce que McAdoo a suggéré l’idée à Mara pour se débarrasser d’un QB qu’il n’aime pas? Je pense qu’on ne saura jamais le fin de mot de l’histoire.

Ce qui est certain, c’est qu’Eli ne méritait pas ça et que cette décision n’a certainement pas aidé la crédibilité des Giants aux yeux de tous.

On ne s’attendait pas forcément à ce qu’Eli finisse sa carrière en remportant un ultime Super Bowl comme son frère ou Michael Strahan. J’étais même prêt à voir Eli jouer ailleurs dès la saison 2018 après que l’équipe ait décidé de se séparer de lui calmement pendant l’intersaison. Au final, les joueurs qui font toute leur carrière dans la même équipe c’est de plus en plus rare. Et on a vu Joe Montana jouer pour les Chiefs, Brett Favre pour les Jets et Vikings et Peyton Manning pour les Broncos.

Alors pourquoi pas Eli chez les Jaguars, Broncos ou Cardinals?

J’étais prêt à voir Eli finir sa carrière ailleurs après avoir quitté dignement les Giants. Un peu comme Peyton a quitté les Colts.

Mais je n’étais certainement pas prêt à voir cette franchise manquer autant de respect au meilleur QB de son histoire en le benchant sans raison valable à 5 matchs de la fin de la saison.

Le jour où j’ai vu ça, c’était le jour où les Giants m’ont définitivement déçu.