Des anciens Giants expliquent qu’ils jouaient alors qu’ils souffraient de commotion

K Matt Bahr et QB Jeff Hostetler en train de marquer le FG victoire contre les 49ers lors du NFC Championship de 1990

Aujourd’hui les commotions sont prises très au sérieux par la NFL. A tel point que dès qu’un joueur commence à voir 36 chandelles, il est d’office exclut du match pour des raisons de sécurité.

Cependant cette nouvelle règle comme beaucoup d’autres règles visant à limiter les blessures en NFL ne s’appliquaient pas par le passé. Les anciens Giants TE Mark Bavaro et LB/LS Steve DeOssie (père de l’actuel LS des Giants Zak DeOssie) ont expliqué que lors de la finale de la NFC en 1990 contre les 49ers, leur K Matt Bahr a marqué le FG de la victoire alors qu’il souffrait d’une commotion:

“Matt Bahr, quand il a marqué le field goal de la victoire contre San Francisco en 1990, je ne pense pas qu’il avait toute sa tête, » explique Bavaro. « Il avait plaqué quelqu’un lors d’un retour de coup de pied d’engagement un peu plus tôt durant le match et puis il semblait être dans les vapes. [Le long snapper des Giants] Steve DeOssie a du en quelque sorte le guider sur le terrain et le mettre en position. Mais vous savez, à l’époque c’était quelque chose qui arrivait régulièrement. Matt était un super gars, un dur, et on lui est tous reconnaissant d’être venu et d’avoir fait ça pour nous. Mais je ne pense pas que ce genre de chose arrive aujourd’hui. »

DeOssie a confirmé les propos de son ex-coéquipier:

“Matt avait réalisé un ou deux placages durant le match lors de phases de coup de pied d’engagement et il était sonné. Il avait peut être une commotion ou autre chose. Il n’avait pas toute sa tête. Quand ils ont demandé un temps mort pour qu’il ait le temps de se préparer pour le dernier FG, je suis venu vers lui et il était un peu dans le coltard à cause du placage qu’il avait réalisé. »

Ces propos ne sont pas très surprenant car à cette époque, les joueurs étaient capables de faire d’énormes sacrifices pour être sur le terrain et jouer. On se rappelle de Mark Bavaro qui a joué un match avec un mâchoire fracturée pendant plusieurs semaines ou encore Lawrence Taylor qui a joué un match avec un seul bras après s’être disloqué l’autre. Car Banks aussi a joué avec un poignet dans le plâtre. Le pire restera quand même Ronnie Lott, le safety des 49ers, a demandé à se faire amputer d’un doigt pour retourner sur le terrain.

Aujourd’hui encore les joueurs jouent blessés: Eli Manning qui s’était blessé à l’épaule contre les Cowboys en 2007 et devait rater plusieurs matchs à jouer malgré ça et il a refait de même en 2009, en 2010 Ahmad Bradshaw a joué avec 2 pieds fracturés, David Diehl a joué avec un poignet emplâtré lors du Super Bowl XLVI… les exemples sont nombreux.

Mais on sent quand même que l’approche de la Ligue vis-à-vis de ces blessures à changer. Elle se montre plus attentive, plus prudente.

Ce n’est pas seulement dans un but complètement altruiste qu’elle le fait, mais c’est surtout parce qu’aujourd’hui elle se fait poursuivre en justice par d’anciens joueurs qui déclarent ne pas avoir été suffisamment prévenus des risques du football américain alors qu’il jouaient.

Quoiqu’il en soit, il ne faut pas s’étonner que la Ligue soit de plus en plus sévère contre les joueurs qui manifestement cherchent à provoquer une blessure chez l’adversaire ou alors contre les équipes qui incitent leurs joueurs à avoir de tel comportement (comme les Saints, mais on sait très bien que toutes les équipes le font à des degrés plus ou moins différents).

Tout ce que l’on peut espérer en tant que fan des Giants c’est que notre équipe continue à jouer avec autant d’intensité mais en respectant les règles qu’elles soient dictées par la NFL ou par la morale.