Peut on parler d’une fausse rivalité?

On en est pas à notre premier match de présaison contre les Jets et pourtant jamais auparavant un match sans importance n’aura fait parler de lui.

Certains parlent de rivalité. De gagner New York. Des joueurs se laissent emporter se renvoient des piques, d’autres s’en fichent.

Alors d’où vient cette soit disante rivalité Jets-Giants? Qui l’a initié? Est elle vraiment du même niveau que celle entre Giants et Eagles ou Jets et Dolphins?

Le point de départ s’appelle Rex Ryan. Un coach avec beaucoup de charisme et qui ne connaît pas le politiquement correct. Un coach que l’on vénère si il est dans notre équipe mais que l’on aimerait voir se taire si on n’est pas sur la même touche que lui.

L’ex coordinateur défensif des Ravens débarquait avec la réputation de quelqu’un qui ne mâche pas ses mots et il l’a montré en déclarant qu’il n’était pas là « pour embrasser la bague de Bill Belichick ».

Après tout c’est normal qu’un coach ait une telle attitude à l’égard d’une équipe rivale qui après un âge d’or se trouvait et se trouve peut être encore sur le délcin (déclin enclenché par une défaite contre les Giants au Super Bowl XLII soit dit en passant).

Alors la première année de Ryan à la Grosse Pomme était marquée par un pacte de non agression des Jets envers les Giants et un pacte de « on en a rien à secouer de ce que font les p’tits gars en vert » des Gmen envers Gang Green.

Mais voilà que les Jets arrivent (miraculeusement) en playoffs alors que les Giants qui ont juste une défaite de plus qu’eux restent sur le carreaux. Et le fait que les Jets arrivent jusqu’en finale de conférence AFC rend les ailes qu’ils se sentent pousser encore plus grandes.

Ryan a donc une idée en tête: à défaut d’avoir réussi à dominer l’AFC East, dominer New York semble plus à sa portée. Et il commence sa campagne anti Big Blue en délcarant que le nouveau stade devrait s’appeler Jets Stadium étant donné les récents évènements.

Le front office suit son head coach en demandant à bousculer une tradition de la colocation new yorkaise: ne plus attribuer le match d’ouverture aux Giants comme chaque année, mais tirer à pile ou face celui qui aura l’honneur d’inaugurer en premier le nouveau stade.

La famille Mara pleine de bon sens accepte se disant qu’après tout le stade appartient également aux Jets mais inexplicablement la NFL refuse… puis accepte et fait le coin toss dans ses bureaux. Résultat: les Giants l’emportent.

Scandale dans le bureau des Jets. Mais qu’est ce que c’est que cette procédure opaque? Ce n’est pas comme ça qu’on le voulait? Il fallait le faire devant les caméras de NBC à une heure de grande écoute et avec Miss America présentant une Budlight de temps à autre? J’exagère à peine…

Le commissaire Roger Goodell finira par calmer le jeu en offrant aux 2 franchises de jouer chacune leur match à domicile la même semaine. Mais les Giants ayant quand même remporté le pile ou face, c’est eux qui seront les premiers et pour ne pas laisser les Jets en reste on leur offre d’être l’équipe à domicile contre les Giants lors de la première semaine de présaison.

Tout est bien qui finit bien et les deux franchises peuvent à nouveau retravailler main dans la main pour obtenir le Super Bowl à New York en 2014. Et cette fois, on apprécie entendre Rex dire : « le football est un jeu qui se joue par tout type de temps et les équipes qui ne savent pas s’adapter, bah tant pis pour elles ». Comme quoi quand il est de notre côté, c’est un type très bien.

L’intersaison continue avec les Jets continuant à faire les gros titres à chaque fois qu’ils signent un joueur autrefois gorieux, et les Giants gérant tranquillement ses petits problèmes entre joueurs mécontents et joueurs blessés.

Le choix des Jets pour la série Hard Knocks s’imposait tout naturellement: un coach charismatique sortant d’une première saison extrêmement positive, un jeune QB rappelant Joe Namath (plus pour la belle gueule que les stats pour le moment…),  une équipe avec un énorme potentiel avec un désir ardent de sortir de l’ombre de son colocataire.

Voici que l’huile est jetée sur ce petit feu: et si New York tendait désormais plus vers le Vert?

Rex Ryan adorant avoir la presse devant lui pour choquer l’audience américaine avec ses discours crus tout en la rassurant avec son sourire so bright, reprend sa campagne pour la conquête de New York et ne souhaite qu’une chose: battre Big Blue en présaison.

Après tout, ce ne sera peut être que la seule occasion d’affronter les Giants puisque les 2 équipes ne sont pas censées se rencontrer en saison régulière et les chances de voir les 2 franchises new yorkaises au Super Bowl sont tellement faibles.

La voilà la source de cette pseudo rivalité: un coach audacieux encouragé par la presse. Les joueurs le suivent et aspirent au même but… conquérir le coeur des fans des new yorkais avec une victoire sans valeur.

Malheureusement pour Rex, les fans retiennent le nombre de Super Bowl et pour le moment le score est de 3-1 pour les Giants.